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Sylvie Caty présente : "A chaque jour sa nuit ..." Le
travail de Sylvie Caty se présente sous l'aspect d'une installation
qui transforme l'espace de la galerie d'art en chambre à coucher
le temps de l'exposition. Le visiteur devient alors complice d'un tableau
vivant en s'immiscent dans la pièce la plus privée de
la maison. Certains
exemples comme : Dans « Peur du noir », l' oreiller parsemé de mots griffonnés semble avoir gardé la trace de ces romans fantastiques qui tiennent le lecteur éveillé, d' abord par le suspense, puis par la peur de voir surgir dans ses cauchemars les démons qu' il a impunément convoqués. « No comment » travail réalisé après avoir pris connaissance d' un article qui dénonçait la technique de l' oreiller pour étouffer les cris des expulsés, à l' aéroport, lors de leur rapatriement. L' oreiller, confident des ruptures, témoins des réconciliations, s' imprime en dehors des fragments d' un discours amoureux, pour reprendre le titre d' un livre de Roland Barthes. Certaines boîtes explorent ainsi l' intimité, sondent le mystère de l' identité féminine. L' insomnie est considérée en général comme le symptôme de dérèglement physique ou de troubles psychologiques. On sait que si on ne dort pas, on finit par mourir. L' homme qui ne dort pas semble échapper à l' humanité ordinaire : C' est l' oiseau de nuit, le débauché, le somnambule hanté par les fantômes du passé, l' artiste génial et tourmenté qui ne crée que dans les affres de l' insomnie. La
liste des livres proposés par Sylvie Caty décline une
véritable palette d' insomniaques depuis celui qui refuse
la réalité : « L' homme qui ne
voulait plus se lever » de David Lodge jusqu' au
savant monstrueux de « La maison du sommeil »
de Jonathan Coe, en passant par les héroïnes déjantées
d' «Amour, Prozac et autres curiosités»
de Lucia Etxebarria , «L' interprétation des rêves»
de Sigmund Freud, «Essai sur la fatigue» de Peter
Hancke, Si la nuit est propice aux enchantements de l' amour ( les héros des contes orientaux se voient combler de nuits plus blanches que les jours), elle est aussi le temps du repli sur soi, du recueillement. L' insomnie est expérience de la plénitude. L' obscurité
isole et retient chaque être au fond de lui-même ou bien
il y éprouve l' invisible, l' imprévu, l' incertain
et la fondamentale inquiétude de la nuit comme antichambre du
néant, de la perte, de l' absence de l' autre ou bien
il y mesure la force de l' imagination et la fascination libératrice
de l' infini. La
nuit et le noir jouent évidemment un rôle fondamental pour
l' être humain. Nous cherchons dans l' infini une résonnance
avec nos abîmes intérieurs aussi bien qu' une réponse
à nos interrogations…Matière noire, univers chiffonné,
plié… Cette exposition n' est pas un magasin de curiosités mais un voyage en terre humaine. Le visiteur ne se sentira voyeur et gêné que s' il persiste à regarder ces objets, ces livres, ces boîtes à partir de sa propre individualité. Il devra la dépouiller provisoirement pour entrer dans l' expérience de l' autre, et devenir aussi patient que le papier, l' oreiller. La
musique qui accompagne cette exposition est de Hans Mittendorf. (compositeur
né en 1952 en Allemagne). L' artiste invité est Allen Bouhier, Photograph' iste né en 1951 en Normandie, à qui il est plaisant de citer pour le présenter, une phrase de Skakespeare : « Ses yeux sont les fous de son coeur ».
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